La Folle journée de Nantes captivera le public à La Cité des Congrès du 1er au 5 février 2023. Une 29e édition sur le thème « Ode à la nuit ». Berceuses, sérénades, nocturnes, la programmation promet de belles émotions durant ces cinq jours. Deux artistes nous livrent leur regard sur ce festival de musique classique.
C’est un rendez-vous que l’on ne présente plus tant ce tourbillon artistique a marqué de son empreinte le milieu de la musique classique. Les notes et émotions virevolteront durant la Folle Journée programmée du mercredi 1er au dimanche 5 février 2023. Sur le thème « Ode à la nuit », les concerts emporteront le public dans l’univers nocturne imaginé par les grands compositeurs. Et pour interpréter ces oeuvres, une myriade de musiciens se succéderont. Parmi eux, Amanda Favier et David Kadouch qui nous livrent leur regard sur ce festival.
Amanda Favier, violoniste « Il est extrêmement cher à mon coeur comme beaucoup de musiciens, il y a une ambiance extraordinaire. »
Violoniste, Amanda Favier originaire de Paris, a participé à sept éditions et son enthousiasme reste le même « Il y a une sorte d’effervescence permanente, de bonne humeur, c’est une ambiance unique » confie-t-elle. Cinq jours ponctués de retrouvailles « avec beaucoup de musiciens, amis » et l’occasion de nouer un lien particulier avec les spectateurs « Voir le public de très près avec tous ces concerts en même temps, dans des salles différentes, regroupées au même endroit, ça permet des rencontres multiples, à chaque instant de la journée.»
Elle montera sur scène à trois reprises en duo avec Elodie Sourlat, accordéoniste. Le thème choisi chaque année leur permet d’enrichir leur répertoire « On [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,7″ ihc_mb_template= »1″ ]
cherche des pièces auxquelles on n’aurait pas forcément pensé » explique Amanda Favier. Leurs recherches débutent à l’été afin de proposer deux programmes, mêlant des compositeurs connus et moins connus, à René Martin, créateur et directeur artistique de La Folle Journée. « Pour nos autres concerts, on pioche dans ce répertoire que l’on a constitué »
« Ode à la nuit » évoque pour Amanda Favier une édition « propice au recueillement, au partage. Je suis assez curieuse de voir le rapport au public. Je suis impatiente de découvrir les concerts pour bébés programmés pour les tout petits » Avec Elodie Sourlat, elles interpréteront notamment Nocturne en ut dièse mineur de Chopin « au violon et à l’accordéon, c’est une version différente et novatrice, c’est ce que l’on aime aussi à la Folle Journée, que René Martin nous permette d’oser des choses », une nocturne de Tchaikovsky et l’extrait Du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn.
Amanda Favier prévoit d’aller écouter ses amis et collègues après avoir relevé un défi à chaque prestation « On se prépare peut-être un peu différemment, cette effervescence nous stimule. On se prépare au côté un peu sportif, on peut jouer à 9h du matin ce qui peut être plus difficile qu’à 20h30. C’est un petit peu un marathon, il faut être en bonne forme physique. »
David Kadouch, pianiste « C’est comme une fête de la musique, nous y allons plus concentrés parce qu’il y a quelque chose de plus improvisé, plus immédiat »
« C’est un honneur de participer à ce festival, quelque chose que j’avais envie de faire, même si maintenant les frontières ont tendance à se désagréger à ce moment-là c’était quelque chose qui était plus atypique »
se souvient David Kadouch, pianiste né à Nice, lorsqu’il se rappelle de sa première participation en 2011. « René Martin a une aura dans la musique classique, il fait des projets pour tout le monde, à La Folle Journée, on va vers les gens en temps qu’artiste, on se mélange au public. »
Il souhaite lors de cette édition prolonger son travail autour des compositrices « une thématique qui m’a beaucoup inspiré ». David Kadouch jouera sur scène les oeuvres de Fanny Mendelssohn, Clara Schumann et Pauline Viardot, les nocturnes de Chopin, Les Funérailles de Liszt, Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon de Debussy et du Bartok. « Dans le thème de la nuit, il y a la fois cette tranquillité, cette fin de journée, cette contemplation du moment et quelque chose d’extrêmement violent, un mélange entre intensité du moment et contemplation qui apparaissent comme des choses opposées et pourtant qui se nourrissent l’une de l’autre. » insiste-t-il.
« L’ode à la nuit » étant aussi source de questionnements pour l’artiste « Il y a beaucoup de nocturnes de compositrices. Je me suis interrogé, Robert Schumann, le mari de Clara Schumann, composait toute la journée. Est-ce que c’est parce qu’après la journée de composition, il y avait cette possibilité d’accéder à un instrument ? Chez les compositrices, les nocturnes sont souvent déchirants, chez Fanny Mendelssohn il est très mélancolique. »
Le festival en ébullition impose un rythme soutenu aux musiciens demandant selon David Kadouch plus de concentration. Assister aux concerts d’autres artistes fait également partie de son agenda. Concernant les échanges avec les spectateurs, il décrit « une proximité avec le public qui fait vraiment l’identité de la Folle Journée. » Afin de se rendre sur scène, il circule parmi la foule avant d’entrer dans la salle « il y a quelque chose de très familier, très agréable » résume-t-il.
270 concerts sont au programme de l’édition en 2023 avec pour la première fois des spectacles dédiés aux bébés avec des berceuses. Au total, 1900 artistes se produiront sur scène. Une remise en vente de places aura lieu mardi 10 janvier pour celles et ceux n’ayant pas acheté leurs tickets lors de l’ouverture de la billetterie le 10 décembre dernier.
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