La vase s’expose à la Maison régionale de l’architecture située à Nantes à partir du 30 juin 2023. Un parcours jalonné des vestiges d’une « Tribu Loire » imaginés par Jules Charbonnet et Nicolas Barreau, artistes designers.
Les acolytes du studio Barreau et Charbonnet ont deux casquettes : artistes et designers. Dans leur atelier à Carquefou, ils créent des oeuvres et travaillent également aux côtés d’architectes pour la conception de mobilier ou d’ambiances intérieures. Tous les deux partagent l’envie de réinventer leur métier au quotidien « On a besoin de se cultiver et d’imaginer faire avec d’autres éléments » explique Jules Charbonnet. Dernier challenge en date, utiliser de la vase afin de réaliser des sculptures. Elles sont présentées du 30 juin au 3 septembre 2023 à la Maison Régionale de l’Architecture à Nantes.
Vase artistique et vernaculaire
« Un jour en se baladant sur les bords de loire, dans une démarche vernaculaire, on est allé trouver du matériau naturel, il y a 4 ans on a récupéré la vase » se rappelle Jules Charbonnet. Le duo avait en tête d’utiliser cette matière pour donner vie à un projet lié au territoire où ils l’extraient.
Ils la prélèvent en petite quantité en raison de la biodiversité et l’appréhender ensuite n’est pas une mince affaire puisqu’elle « est très lourde car gorgée d’eau, colle aux outils, c’est extrêmement physique » confie Jules Charbonnet. Issue de la sédimentation, l’argile entre dans sa composition et en [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
séchant elle devient « facilement modelable ».
En fonction du lieu de collecte, sa couleur varie. Leur immersion dans les vasières est un moyen d’expression en trois étapes. La première à Amiens où elle est marron, la seconde à Vannes où elle est saline et noire avant d’être blanche une fois séchée. Troisième volet à Nantes où la matière employée reste verte après avoir été récupérée dans la Loire.
Ce qui les intéresse ? Re fabriquer à partir de cette sédimentation comme une « architecture qui renaît de ses cendres, cette poésie nous plaît bien », prendre en compte la géographie locale et sensibiliser à l’environnement.
Une transformation via diverses techniques
« Avec certaines recettes, on a pu voir qu’on pouvait fabriquer des briques, des bouts de panneaux qui nous ont permis de construire » dans le domaine artistique. Pour l’architecture, il leur faudra effectuer des tests « c’est très complexe d’arriver à un matériau utilisable dans la construction. »
Le séchage lent est privilégié une étape après laquelle elle devient solide obligeant Nicolas Barreau et Jules Charbonnet à « utiliser des outils pour couper le béton ». Cependant, durant leur processus de création, il la fibre avec du foin et de la ouate de cellule afin d’éviter que les éléments ne se cassent.
Lorsque les artistes designers choisissent la technique de l’enduit, ils doivent structurer à l’aide de liteaux en bois et de métal. Son apparence évoluera dans le temps puisque sa couleur va un peu changer.
10 sculptures exposées
A partir de ce vendredi, dans le cadre du Voyage à Nantes, les visiteurs peuvent découvrir « Tribu Loire », des objets de la préhistoire, enfin presque ! Car c’est en façonnant la vase qu’ils ont eu l’idée de cette exposition évoquant le fleuve « On a vu que nos objets paraissaient primitifs, on a voulu faire croire à la découverte par un archéologue de vestiges d’une tribu qui vivait en bord de loire à l’époque du néolithique ». Une série de 10 sculptures avec une scénographie comportant « des lumières venant éclairer seulement les objets ».
Ils ont poussé le concept jusqu’au bout en faisant appel à des auteurs. Deux interviews ont été réalisées. La première, par Eva Prouteau, est celle de la fausse joggeuse ayant découvert les vestiges. Le seconde est une fausse interview par Cécile de Collasson, directrice du Chronographe, de l’archéologue qui a effectué les fouilles du site. Patrick Charbonnet, poète, a quant à lui écrit « une histoire romancée de cette tribu ».
Nicolas Barreau et Jules Charbonnet espèrent que cette exposition deviendra itinérante. Comment se sentent-ils au moment de dévoiler leurs oeuvres au public ? « « On est très excités, ça fait longtemps que l’on travaille sur ce projet et on trouve une vraie circonstance pour l’exposer à la Maison de l’Architecture dans le cadre d’un festival grand public. Ça fait sens par rapport au climat puisque l’année dernière on a connu les premières grosses sécheresses du fleuve laissant découvrir de nouvelles choses » explique Jules Charbonnet.
Infos complémentaires :
Maison régionale de l’architecture
Du lundi au dimanche de 14h à 19h
Photo : Studio Barreau Charbonnet
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