Après l’appel des Restos du coeur, la fragilité de l’aide alimentaire a été mise en avant. Plus de bénéficiaires, moins de dons et des bénévoles recherchés, des problématiques auxquelles sont confrontées les associations en Loire-Atlantique. Le Président de la Banque alimentaire et la Secrétaire Départementale du Secours Populaire de de Loire-Atlantique nous parle de la situation et des besoins concernant les actions menées par le réseau d’aide dans le département.
Plus de moyens financiers face aux nombres de bénéficiaires en hausse, le Président des Restos du coeur, Patrice Douret, a tiré la sonnette d’alarme il y a quelques jours. En raison d’une situation financière fragilisée, des personnes ne pourront pas obtenir d’aide alimentaire l’hiver prochain. Une tension concernant les dons que rencontrent d’autres acteurs dans le secteur de l’aide alimentaire telle que la Banque alimentaire et le Secours Populaire. Le point avec Jean-Robert Leconte et Danielle Alexandre en Loire-Atlantique.
Réactions après l’appel du Président des Restos du coeur
« Nous sommes tous dans la même situation » réagit Jean-Robert Leconte, Président de la Banque alimentaire 44 suite à la prise de parole de Patrice Douret. « Il a saisi l’opportunité de pouvoir s’exprimer et c’est très bien ». Plusieurs actions auprès des médias et politiques ont été menées depuis un an, faisant « bouger un petit peu les choses » notamment avec l’appel à projets « Mieux manger pour tous, mais ça ne suffit pas » indique Jean-Robert Leconte.
« Un peu de colère, on avait fait un [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
courrier commun des 4 associations, La Croix Rouge, le Secours Populaire, la Fédération française des Banques alimentaires et les Restos du coeur en juin au Président de la République pour expliquer la situation dans laquelle on est sur le nombre de personnes accueillies et la nourriture qui diminue. » commente Danielle Alexandre, Secrétaire départementale du Secours Populaire dans le 44.
Des difficultés d’approvisionnement
La Banque alimentaire s’appuie sur une ramasse effectuée auprès de magasins dont les quantités glanées ont diminué, – 44 % en 2022 par rapport à 2021. Sur une année c’est environ 500 tonnes d’aliments en moins récupérés « -27 % entre 2021 et 2022 et – 10 % cette année par rapport à l’année dernière. » Même constat côté SPF confronté à cette problématique « On achète, on n’est pas des acheteurs, ce n’est pas notre boulot mais malheureusement on est contraints à faire des appels d’offres. »
Parmi les explications ? Des produits à date courte présentés en rayon avec des réductions « c’est bien, ça évite le gaspillage alimentaire mais ce sont des produits qui nous échappent ». Inquiétude partagée par Danielle Alexandre « Sur la ramasse, quand on arrive soit il ne reste plus rien ou des produits à jeter parce qu’ils sont périmés. »
Ils mettent également en avant un stock réduit « avant ils avaient tout en quantité, maintenant il n’y a pas de surplus. » Situation similaire au MIN où s’approvisionne le Secours Populaire 44 en produits frais « on est en diminution parce que les fournisseurs qui commandaient 3-4 palettes de légumes ou fruits pour faire des économies de chambres froides commandent que le minimum. »
Une autre raison avancée est la création de start-ups axées sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. De plus, La Banque alimentaire a reçu des aides augmentées dans le cadre du fonds de solidarité européen dont elle ne bénéfice plus aujourd’hui « elles se sont arrêtées l’année dernière, on est à -44 %, c’est énorme ». Accompagnement en baisse que déplore aussi Danielle Alexandre.
Seule la collecte auprès de particuliers se maintient, les deux responsables mettant l’accent sur la générosité des donateurs.
Demandes en hausse
Spécialisée principalement dans l’alimentation, la Banque alimentaire distribue les produits aux associations partenaires. Elle n’est pas en contact direct avec les bénéficiaires mais constate une forte augmentation des besoins notamment pour les produits d’hygiène « les gens ont beaucoup de mal à s’en procurer, comme les couches pour enfants, il y a de plus en plus de précarité à ce niveau-là. » Dès que l’antenne en Loire-Atlantique récupère des produits d’hygiène infantiles, ils partent très rapidement. « On n’a pas suffisamment de dons par rapport à l’aide aux bébés et aux enfants, il y a des donateurs qui viennent amener des produits bébés, des couches parce que ça coûte très cher. » souligne Danielle Alexandre.
Au SPF, davantage de personnes viennent demander un soutien, conséquence de l’inflation « les gens remplissent leur réservoir d’essence et ils vont chercher à manger dans les associations » selon Danielle Alexandre qui précise une pénurie de sucre, de lait, d’huile de pâtes poussant les équipes à s’adapter « si on pouvait donner 6 litres de lait à une famille, aujourd’hui ça va être 1 litre. »
Des bénévoles recherchés.
« Nous avons 130 bénévoles qui nous aident dans nos tâches quotidiennes » explique Jean-Robert Leconte. Parmi eux, une personne âgée de 88 ans venant encore 2 fois par semaine. La Banque alimentaire 44 recherche des bénévoles à qui diverses missions seront confiées comme les ramasses, le tri, les préparations de commande, ils pourront être chauffeurs ou accompagnateurs. Parmi les prochains rendez-vous, la collecte nationale organisée tous les ans, elle se déroulera cette année du 24 au 25 novembre. Un coup de pouce sollicité par plusieurs associations. Diverses taches peuvent également être confiées au bénévoles du SPF suivant leurs disponibilités telles que la distribution alimentaire ou la récupération de marchandise. « On a vraiment besoin de tous. » conclut Jean-Robert Leconte.
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