Ouvert en 2022 au Cellier, le tiers-lieu « Tipi » change de nom cette année. Nommé « Sofa », il accueille les habitants autour d’activités, un endroit « joyeux et nécessaire ».
Le Tipi installé depuis 2022 au Cellier se nomme désormais « Sofa ». Ce mot décrit mieux le tiers-lieu selon Tiphaine Khouri, fondatrice. « Il raconte le côté moelleux de l’endroit où l’on va pouvoir venir se poser, c’est une invitation au ralentissement, on vient ici pour rencontrer des gens et faire des projets communs ».
Un écrin solidaire et chaleureux dans les locaux d’une brasserie d’insertion sociale
Tout part d’une observation de Tiphaine Kourhi dans sa commune Le Cellier. Aucun « lieu fédérateur » était accessible aux habitants afin de se réunir autour d’activités. Son idée en tête, elle trouve un local où donner vie à cet espace. Le tiers-lieu ouvre dans la brasserie d’insertion sociale Tête haute que ses frères déménageaient alors au Cellier. « J’ai pu leur dire que c’est un outil génial, ils m’ont expliqué que leur brasserie d’insertion a vocation à faire du brassage social, à bouger les choses ». L’initiative s’est donc concrétisée.
Six mois après l’arrivée de Tête haute sur le territoire cellarien, elle organise une première réunion d’information. Cette soirée participative a réuni « une trentaine de curieux. Je voulais que l’on réfléchisse ensemble à ce que l’on pouvait inventer pour rendre demain plus généreux et solidaire » se remémore-t-elle. « Les participants ont l’impression d’avoir une carte blanche, plein d’idées fusent ».
Lien social et antigaspi avec la cantine solidaire
La fondatrice a démarré ce projet toute seule. Aujourd’hui, l’association compte 100 bénévoles et plus de 1400 adhérents. Tipi rappelle l’expérimentation et une idée éphémère « on n’était pas sûr de pouvoir rester chez Tête Haute qui prévoyait un déménagement. » Finalement, la brasserie d’insertion s’ancre sur la commune et le tiers-lieu aussi « durablement avec [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]
le soutien des collectivités et la reconnaissance des gens qui viennent.» « Sofa » reflète donc cette évolution.
Parmi les premières demandes, une cantine solidaire. Au départ impossible, elle est un incontournable. Chaque personne souhaitant y déjeuner doit adhérer à l’association. Elle est solidaire, antigaspi et fonctionne trois jours par semaine. L’occasion pour les personnes venant cuisiner de « trouver du lien social » se réjouit Tiphaine Kourhi. Le volet solidaire et social étant celui répondant « au besoin le plus fort ». Des collégiennes viennent cuisiner avec des retraités et des étudiants y participent également.
La conserverie sociale de l’association a été lauréate du budget participatif du Département de la Loire-Atlantique et s’est vue attribuer une dotation de 19 400 €. On souhaite « pousser sur le volet alimentation saine et durable, le matériel ne va pas tarder à arriver, avec la conserverie on va continuer à transformer des aliments, des excédents de production, toujours en embarquant le maximum de public » explique la fondatrice.
Des animations co-construites avec une équipe de 100 bénévoles
Les animations mises en place répondent aux demandes des bénévoles. Repair café, musique, cuisine, autant d’ateliers et de moments intergénérationnels à partager. Chaque temps programmé né de l’impulsion d’une personne ou d’un groupe « On organise régulièrement des soirées participatives afin de redonner de la place à ceux arrivant en cours de projet ». Une soirée apéro-tricot a ainsi été planifiée. « C’est une jeune femme qui a demandé car elle aime tricoter mais toute seule ça ne l’intéresse pas ».
Une fois l’initiative validée, l’association soutient, organise la communication et prépare l’espace afin d’accueillir l’activité. « Ensuite, c’est le ou la bénévole est présent(e) durant l’animation ». C’est sur le même fonctionnement que le Repair Café a vu le jour. L’objectif est de proposer des activités « à tarif libre ».
Une atmosphère qui séduit des habitants au-delà du Cellier.
En majorité, ce sont des Cellariens qui se rendent à « Sofa ». Mais l’endroit plaît aussi aux habitants d’autres communes comme Thouaré ou encore Rezé. « C’est un lieu atypique, ce n’est pas un bar classique. Il y a une famille rezéenne venant à chaque fois que l’on fait un ciné-club car elle dit qu’il n’y a pas d’équivalent chez elle » indique Tiphaine Kourhi.
Une anecdote qui a particulièrement marqué l’équipe ? Un habitant du Cellier venu un matin faire réparer un objet au Repair Café. Il a découvert l’endroit et a raconté qu’il avait peu de relations sur la commune. « Le soir-même, on avait une scène ouverte, il nous a dit qu’il avait fait des années de violon et qu’il ne voulait plus y toucher. Le soir, il était sur scène » se rappelle-t-elle.
Sofo est « joyeux et nécessaire » décrit Tiphaine Khouri. « On est loin d’avoir résolu toutes nos questions afin de pérenniser le tiers-lieu mais il y a un vrai appétit pour les moments partagés, cette légèreté fait du bien ».
Photo : Sofa, à gauche, Léa Didier, coordinatrice cantine solidaire, à droite Tiphaine Khouri
Info complémentaire :
Zone Industrielle des Relandières nord, Le Cellier, France
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