Sébastien Perron, biographe « curieux de l’histoire des gens »

Après près de 10 ans dans un cabinet de recrutement, Sébastien Perron a effectué un virage à 180 degrés. Il est devenu biographe pour raconter la vie des personnes « de manière extraordinaire ».

Auparavant parisien, Sébastien Perron a emménagé à Nantes après le Covid. Désormais rezéen, le biographe écoute l’intime pour le transformer en récit, en roman. Il a créé son entreprise Virgule Biographie. « Tout le monde a une histoire à raconter » tient-il à souligner. Dialogues, chapitres, une épopée littéraire à chaque rencontre se concrétisant par l’impression d’un livre.

L’écriture, une révélation tardive

Sébastien Perron a exercé dans un cabinet de recrutement parisien pendant huit ans avant d’avoir un déclic « Je me suis dit que je passais les étapes sans prendre un réel plaisir, j’ai pris la décision de partir » se rémémore-t-il. Un agenda libéré lui permettant d’accélérer un projet personnel, se consacrer aux mémoires de sa grand-mère souhaitant faire de sa vie un livre. Cette période a confirmé une envie, celle de figer sur le papier le parcours des autres. 

Il s’est alors renseigné sur le métier de biographe et a suivi une formation. « A la fin de l’année dernière, j’ai [ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »4,5,6,8″ ihc_mb_template= »1″ ]

entamé une formation m’ayant permis de balayer tous les aspects de ce métier ». Une étape importante pour celui qui a « toujours eu l’impression d’écrire » dans [sa] tête » indispensable selon lui afin de voir si sa plume a un intérêt. Un côté créatif lui ayant manqué dans son travail précédent « le défi m’a plu et cette révélation un peu tardive est originale, je n’ai que de bons retours ».

Un style proche des gens

Son style ? Une plume brute et une encre composée d’émotions et d’humour. Un savant mélange proche de la personne lui confiant son histoire. 

L’ouvrage peut évoquer un moment précis comme un mariage ou être plus dense lorsqu’il aborde une vie. « A la fin de chaque entretien,en face à face ou par visio, j’écris et j’envoie afin que la personne puisse corriger le contenu ». Il est ainsi possible de retirer des passages que l’on ne souhaite finalement pas partager. Plusieurs séances sont prévues, des échanges pouvant aller de 2h à 12h. « Le plus important pour moi c’est le feeling, parfois on me donne des secrets que la famille ne connaît pas ». Deux situations donnent le ton. La première, lorsque le client effectue une demande spontanée, la seconde lorsqu’il s’agit d’un cadeau. « Je vais chez eux ou dans un autre environnement qui les rassure » explique-t-il.

Il faut compter 180 à 220 pages lorsqu’il s’agit d’un livre entier bien que Sébastien Perron ne s’engage pas sur un nombre de pages voulant rester dans une démarche « plus qualitative que quantitative ».

Rendre l’ordinaire captivant

Sébastien Perron aime écouter chaque récit, certains se révèlent davantage bouleversants notamment quand ils sont liés à une maladie. « J’ai échangé pendant deux heures avec une femme ayant eu un cancer du sein. Elle l’avait caché à sa famille et avait envie de s’en libérer. » 

Souvent, toutes et tous considèrent que leur vie n’est pas « hyper intéressante » et poursuivent leur phrase avec un « mais » ouvrant sur des épisodes captivants. Parler de ces moments marquants permettent de ne rien oublier, de transmettre. « J’ai perdu mon père jeune, j’aurais adoré trouver au fond d’un grenier un livre racontant tout ce que je ne sais pas » confie le biographe. Il se souvient aussi d’un agriculteur ayant passé quasiment un siècle dans ses champs « les histoires n’ont pas besoin d’être extraordinaires, c’est la manière de les raconter qui a besoin de l’être ».

Il pose aussi ses mots sur des évènements festifs tels que les mariages. Ainsi, il est sollicité afin d’élaborer un livret retraçant la demande, les préparatifs, le jour J. 2 à 3 heures suffisent alors pour récolter les informations.

Lorsque l’on questionne Sébastien Perron sur ce qu’il ressent quand il remet son ouvrage, il parle de « fierté ». Une anecdote lui revient « c’était à la veille de Noël, j’ai rendu un livre et j’ai vu une larme couler pudiquement derrière les lunettes, je suis fier car j’ai le sentiment de servir à quelque chose. »

Photo : Sébastien Perron

Infos complémentaires :

www.virgulebiographie.fr

06 70 97 24 06 / contact@virgulebiographie.fr

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