Il y a un an, nous décidions de suivre des élus dans leurs premières fonctions régionales et départementales. Julie Voleau, Adjointe à la mairie de Haute-Goulaine, Conseillère départementale de Saint-Sébastien-sur-Loire aux côtés de Laurent Turquois Maire de Saint-Sébastien-Sur-Loire, siège au sein du groupe Démocratie 44. Après un premier bilan « un peu mitigé » laissant peu de place pour l’élue d’un groupe d’opposition, Julie Voleau fait état d’échanges « en progression » avec la majorité et parle des sujet majeurs qu’elle souhaite porter à son échelle, comme celui de la protection de l’enfance.
Quel regard portez-vous sur les échanges dans l’hémicycle ?
En progression avec un regard un petit différent puisque les premières sessions, quand on est nouvelle, on est dans l’observation pour apprendre des uns et des autres […] Il faut savoir entendre, écouter, c’est ce qui est intéressant et constructif. Après, on est sur une progression au fil du temps entre les premières sessions et les dernières. D’ailleurs, pendant la dernière session nous avons eu un gros débat et une suspension de séance. Nous avons réussi à obtenir une démarche d’accompagnement à la formation et à l’emploi en contrepartie du versement du revenu jeune même si nous étions à la base opposés. C’est dans ces échanges, parfois pas sereins, que l’on continue et on continuera à échanger afin de pouvoir modifier ou moduler les décisions.
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Lors de notre dernier entretien, vous aviez fait état d’un premier bilan « un petit peu mitigé » avec un souhait de « plus de dialogue de transparence » pour les mois à venir. Vous êtes arrivée à faire entendre votre voix, notamment sur le revenu jeune, comment souhaitez-vous poursuivre votre travail dans les mois à venir ?
J’ai pu intervenir sur une session, après février, en faisant part de mon interrogation [à la majorité ndlr]. Je vais prendre un cas concret, une administrée m’avait contactée pour m’indiquer que la départementale qui passait devant chez elle n’était pas entretenue et donc dangereuse. J’ai envoyé un mail directement au service départemental du vignoble. Dans le mail que j’ai reçu, on me demandait de faire toutes mes demandes directement au Président, c’est la façon de faire de la majorité. Les habitants comptent sur nous pour faire remonter et trouver des solutions à leurs problèmes, si nous même ne nous sentons pas légitimes et si sur chaque demande il faut que l’on s’adresse au Président du département, je vous laisse imaginer les délais de traitement. On parlait juste d’un bout d’arbre qui dépassait sur une route. On le rappelle encore, mais sur le canton on a été élus à la majorité, les habitants ont confiance en nous pour faire bouger les choses.
Vous attendez que l’on reconnaisse votre légitimité d’élue ?
C’est complètement ça. Après pour conclure sur une note positive, la branche a été coupée assez rapidement. La semaine dernière, Vincent Danis [Conseiller départemental Canton de Nantes 1, Vice-président à l’Education] et Monsieur Ménard, le Président du département m’ont appelée deux fois dans la même journée pour évoquer un souci d’ordre matériel sur un collège de mon canton. Il y a une marge de progrès et finalement mon intervention a peut-être servi, et j’espère que l’on va continuer en ce sens au niveau de la communication.
Une des urgences, c’est les enfants, les professionnels de la protection de l’enfance nous alertent. De mémoire il y a 350 ou 360 enfants qui sont aujourd’hui sans solution et il faut vraiment agir.
En quoi vos réunions de groupe ont-elles consistées ? A quelle fréquence sont-elles organisées ?
Au départ on se calait sur le programme des réunions de la majorité en fonction des questions. Aujourd’hui on a tous des calendriers bien chargés mais on essaye toujours de se voir tous ensemble tous les deux mois à peu près. On se voit toujours avant les sessions pour retravailler tous les sujets. Après on se voit souvent par petits groupes dans les commissions, on échange presque tous les jours quotidiennement sur les réseaux.
Vous êtes membre de la commission citoyenneté, quel travail y menez-vous ?
Malheureusement dans cette commission, on a plus un rôle de spectateur que d’acteur. On va plus faire de la prévention en fonction de ce qu’ils vont nous présenter. Concrètement, il y a une loi d’interpellation citoyenne à partir de 16 ans, qui ne nous parait pas du tout adaptée puisque le collège commence à 11 ans. Les futurs électeurs, ce sont eux. Aujourd’hui, la plupart des communes ouvrent des appels à projets où il est possible de postuler à partir de 11 ans. Il faut que l’on puisse les valoriser et ils ont les compétences et la connaissance pour, ça nous paraissait évident que cela commence au collège, puisque c’est là que commence aussi la compétence du département. On n’a pas eu gain de cause sur ce sujet.
Comment rencontrez-vous les habitants dans votre canton de Saint-Sébastien-sur Loire, à quelles occasions ? Que vous disent-ils au quotidien ?
C’est peut-être plus facile pour moi car je suis aussi élue de terrain sur ma commune. Je les rencontre tous les jours, en amenant les enfants à l’école ou en allant faire mes courses. Un élu quand tout le temps est en action sur sa commune, il n’a pas de samedi et de dimanche. Il y a des invitations, des évènements comme les forums des associations. On a aussi une adresse mail, on reste accessibles et on reçoit vraiment par plusieurs pôles.
Je crois aussi que j’ai muri en un an, il y a un an je me sentais comme une collégienne qui rentrait en 6ème. Je pense que j’ai quitté le sac à dos, je me passionne vraiment pour cette mission.
Quels vont être les sujets prioritaires sur lesquels vous aller travailler ces prochains mois ?
Une des urgences c’est les enfants, les professionnels de la protection de l’enfance nous alertent. De mémoire il y a 350 ou 360 enfants qui sont aujourd’hui sans solution et il faut vraiment agir. C’est un sujet sur lequel on va être très vigilants. Nous avons été connecté tout l’été, élus de la majorité ou de la minorité, concernant l’ensemble des feux de forêt. Il y a plein de sujets sur lesquels on sera toujours en éveil.
Que retenez-vous personnellement de cette première année de mandat ?
C’est un mandat qui m’anime de plus en plus. Chaque jour a son lot de surprises, d’interpellations, d’échanges très enrichissants. C’est peut-être un peu frustrant, mais on continue quand même à se battre, je suis persuadée que l’on arrivera a trouver des solutions. Un bilan en tout cas très positif, je crois aussi que j’ai muri en un an, il y a un an je me sentais comme une collégienne qui rentrait en 6ème. Je pense que j’ai quitté le sac à dos, je me passionne vraiment pour cette mission.
